PARIS Club Français bat Red Star, 1 but à 0 Il serait certainement de mauvais goût d'affirmer que la partie qui mit en présence ces deux clubs ait été bien jouée et qu'elle plut aux nombreux spectateurs venus, à Saint-Ouen, les contempler. Ceux-ci attendaient beaucoup mieux de ces deux formations qui firent précédemment une exhibition plus heureuse contre le Pro Vercelli. Avec le vent, le seul souci de gagner le match en fut la cause, et à vouloir, ce qui peut-être leur paraissait normal, les joueurs oublièrent le principe fondamental du football : la technique. Evidemment, il y eut des phases angoissantes pour chacun des deux clubs; mais ceci ne fait pas oublier cela et le football ne vit pas uniquement d'incidents de jeu. Ils le pimentent, mais quand ces phases sont effacées dans le brouillard de l'oubli, l'amertume d'avoir assisté à un triste match reste entière. Le Club a gagné, c'est fort bien et c'est une justice à lui rendre que, seul, il essaya de mettre quelque clarté dans ses affaires. Oh! certes, cette clarté fut bien pâle, mais l'intention y était. Le match, grâce à l'énergie de M. Téron, qui arbitrait, resta dans la limite permise du jeu sec. Un seul joueur essaya la cadence. Ce fut, comme on s'en doute, l'énergique Hughes. Mais, à s'être dépensé avec tant de conviction, l'arbitre trouva qu'il s'était trop fatigué et il le pria d'aller se remettre de ses fatigues au vestiaire, ceci en deuxième mi-temps. La partie débuta rapidement par une attaque du Club, aidé du vent. Le Red Star répliqua, puis le Club revint jouer devant Thépot. Toutes ces phases de jeu s'étant passées sans heurt. Le Club connut ensuite une situation difficile, lorsque Pinel partit à toute vitesse en direction de Sechehaye. Mais ce dernier courut au-devant de Pinel et celui-ci roula à terre. Un manque de sang-froid d'un autre équipier du Red Star et ainsi se trouva gâchée une belle occasion. Une autre fois, Diaz assura mal sa balle; elle lui glissa entre les pieds et Menier, profitant de l'aubaine, courut à son tour sur Thépot. Poursuivi par Diaz, il assura mal son shot, mais obtint un corner. Après quoi, le Red Star se dégagea, puis se laissa repousser dans ses derniers retranchements. Une balle frappée par Gourdon rencontra un poteau, fit forcer politesse à l'un et à l'autre, pour venir tomber sur le pied d'un Redstarien, qui l'envoya au diable. Quelques grands coups de pied furent ensuite échangés, puis une vigoureuse bousculade se produisit sur les buts de Thépot. Hughes, particulièrement acharné à défendre son but, se fit une première fois remarquer par son entrain endiablé. Une dernière fois avant la mi-temps, le Red Star faillit être victime du sort. Alors que, sur un corner, Hughes et Diaz étant tombés à terre, la balle roula doucement devant Thépot. Mais, à ce moment, aucun Clubiste ne se trouvait là... Puis le Club obtint un coup franc à 30 mètres des buts du Red Star. Chaque capitaine arrangea pour le mieux sa formation; les Redstariens s'avancèrent en tirailleurs, tandis que les Clubistes se plaçaient en embuscade au milieu des tirailleurs de Saint-Ouen. Le coup fut déclaré nul, parce que la balle ne franchit pas la forêt de tibias placés devant elle. Et ce fut la mi-temps. La deuxième partie du jeu fut aussi vilaine que la première. Ce fut encore la politique des grands coups de savates. Pourtant, sur une offensive un peu plus claire, Mercier, du Club, réussit l'unique but de la partie. Il y eut encore des phases de jeu émouvantes, au cours desquelles les partisans du Red Star connurent le grand frisson, comme le connurent plus tard les Clubistes sur un shot de Pinel, consécutif à une descente de « Petit Louis ». Auparavant, se plaça l'incident Hughes. Au Red Star, aucune cohésion, aucune homogénéité. Les moins mauvais furent : Diaz, Finamore, Monsallier. Au Club, pas plus d'étoiles; un ensemble plus souple, dans lequel on sent un avenir.